1. Les audios pour femmes
  2.  » Agent secret en péril, partie 1

Je rentrais du boulot comme chaque soir, en sifflotant. Depuis que j’étais indépendant et que j’avais ma société, j’étais tellement mieux ! Surtout lorsque je repensais à mon passé, à la vie dangereuse que je menais… maintenant que j’avais changé de job, de vie, je me sentais vraiment mieux. Plus libre. D’ailleurs, cette liberté faisait que je ne voulais m’engager dans rien. Pas de famille, pas d’attache, pas de stress. J’avais monté ma société par passion, pas pour vivre, ma retraite me permettrait de vivre sans travailler. Mon corps toujours formé par l’exercice physique et mon charisme me permettait de lever sans difficulté des filles quand j’en avais besoin… mais je n’arrivais pas et ne voulais pas m’attacher. A cause de mon passé. Sans parler des cauchemars, qui ne disparaitraient sans doute jamais.

 J’arrivais dans mon quartier, un entrelacs de petites rues avec des petites maisons quatre façades et de petits jardins tout autour, pas un quartier luxueux, mais calme de la banlieue de la capitale.

Tandis que je marchais dans ma rue, vers ma maison, mon passé me sauta en pleine face lorsque je vis une grosse berline noire, vitre teintée, parquée devant chez moi. Je ralentis le pas. Rapide coup d’œil sur la plaque d’immatriculation. Pas de doute, mes anciens patrons. Ils savaient pourtant que j’avais décroché. Cela allait faire quatre ans dans quelques mois !

 Une boule se forma dans mon ventre, mais je continuais à avancer vers ma maison. Je pris le courrier dans la boîte aux lettres, et tandis que j’ouvrais la petite barrière en bois du portail, j’entendis la porte de la voiture s’ouvrir, quelqu’un en sortir, et une voix que je ne connaissais que trop bien me dire :

 – Bonjour James ! Comment allez-vous ? Cela fait un bail !

– Bonjour Commandant. Quatre ans. Cela va faire quatre ans.

 Malgré qu’il ne portait pas son uniforme militaire, mais un costume trois-pièce bleu marine très soigné, il gardait un air guindé, un air de soldat, tout le temps. Des yeux bleus perçants, des cheveux blancs qui devenaient clairsemés sur le dessus du crâne, il avait un peu vieilli, sans avoir vraiment changé.

 – James, est-ce que je peux vous parler ? A l’intérieur ?

 Je soupirais intérieurement, présageant le pire. Je fis les quelques pas de l’allée qui me menaient à ma porte d’entrée, l’ouvris, et invitais le Commandant à entrer.

 – Votre nouvelle vie se passe bien ?

 Le Commandant me posa la question tout en regardant mon intérieur, plus modeste que la garçonnière que j’occupais avant au centre-ville. Plus modeste, mais plus « authentique ».

 – Et si nous en venions au fait, Commandant. Votre venue n’est, je pense, pas purement amicale.

 Il s’assit dans un fauteuil du salon.

 – Puis-je vous demander un verre ? Vous vivez seul ?

 J’acquiesçais et allais lui servir un whisky.

 – Les services secrets ne vous manquent pas trop ?

 Je faillis lui verser le verre sur la tête, mais me retins, et le lui donnais.

 – Vous savez pourquoi je suis parti. Trop de vie humaine gaspillée pour « raison d’état ». Quand un pays abandonne ceux qui se donnent pour lui, qui donnent leur sang, leurs tripes, ce pays ne mérite plus d’être défendu.

– Ecoutez, je sais à quoi vous faites allusion, mais vous ne connaissez pas tous les détails de…

– Elle était enceinte, putain ! Ayant appris cette nouvelle, nous comptions nous marier après cette dernière mission. Elle est morte entre les mains d’un gouvernement étranger parce que les intérêts économiques ont primé sur la vie des agents sur le terrain. J’aurais mené la mission de secours de main de maître, comme toutes mes autres missions si l’on ne m’en avait empêché…

 Le Commandant leva la main en signe d’apaisement.

 – Je comprends James. Vous étiez le meilleur. Si vous saviez le nombre d’agent que j’ai vu mourir pendant ma carrière. A cause du gouvernement plus qu’à cause des agents ennemis. Moi aussi je fais des cauchemars la nuit. Mais l’intérêt de la nation prime avant tout, parce que cette nation est constituée de gens, d’hommes, de femmes, d’enfants, que nous devons protéger de toute menace extérieure !

 J’interrompis son discours, que je connaissais par cœur. Il me l’avait déjà servi pour tenter de me faire changer d’avis lorsque je lui avais plaqué ma démission sur son bureau, puis encore quand il avait essayé de me faire reprendre du service. Agent secret un jour, agent secret toujours. Et bien non, pas pour moi.

 – J’espère que vous n’êtes pas là pour me faire reprendre du service !

 Le Commandant soupira.

 – Hélas non, James. Je viens pour terminer définitivement votre carrière d’agent.

 Je le regardais, curieux. Il me fit signe de m’asseoir.

 – M est revenu.

– M ???

 M comme Méchant, Mauvais, Machiavélique… le pire des ennemis. Il avait créé une organisation criminelle qui trempait dans tous les trafics, drogue, armes, diamants, or, être humain. Escroquerie financière aussi. Meurtre, chantage, corruption… son organisation avait pris de telles proportions qu’elle avait même fini par faire peur à la mafia… j’avais réussi il y a cinq ans à infiltrer l’organisation, à faire disparaître ses dirigeants. Je pensais que M avait été tué dans l’explosion de leur base secrète, même si on n’avait jamais retrouvé le corps. Il était mégalomane, à moitié fou. Un vrai danger.

 – Oui, il est revenu et a frappé fort. Avez-vous entendu ce qui est arrivé avant-hier au laboratoire TechGen ?

– Ils en ont parlé aux informations, l’alarme du labo s’est mise en route, mais les autorités ont parlé d’un incident sans gravité, même si un laborantin était mort.

– On a dit ça pour apaiser la population, mais c’est beaucoup plus grave que ça. Vous connaissez le labo TechGen ?

– Non, il me semble qu’on en a parlé mais je ne vois pas…

– Un labo de recherche génétique, biologique et chimique. Ils existent depuis trois ans, partenariat public-privé, et depuis environ deux ans ils font des recherches pour le compte de l’armée. Arme biologique, surtout. Ils ont créé une souche mutante du virus Ebola, mais beaucoup plus dangereuse, car il contamine et tue deux fois plus vite qu’Ebola. Lorsqu’ils se sont rendus compte de la mortalité, de la dangerosité du virus, ils ont décidé de le détruire. C’est ce qu’ils faisaient hier, quand un commando d’hommes armés a débarqué. Ils ont tué un des laborantins, en ont blessé quatre autres et sont repartis avec des fioles du virus. Assez pour contaminer toute l’Europe. Et nous avons reçu ce midi un message de M. C’est lui qui a fait le coup.

 

Je restais abasourdi. Un tel virus dans les mains d’un tel fou. La situation était en fait catastrophique.

 – Il a envoyé une vidéo, il a caché les fioles dans un endroit en ville, très fréquenté. Une bombe enverra le tout dans l’atmosphère, contaminant la majorité des habitants de la capitale dans 12h. Et si cela arrive, l’épidémie touchera toute l’Europe en moins d’une semaine. Comme c’est une souche mutante, aucun vaccin, aucun médicament n’existe pour lutter contre ce fléau.

 Je me massais les tempes. Mon crâne me faisait mal. Je replongeais à toute vitesse dans mon passé d’homme d’action, toujours pragmatique.  

– Il y a un ultimatum, donc il veut quelque chose ?

Le Commandant triturait nerveusement ses mains.

– Oui.

– Et il veut quoi ?

– Vous !

– Pardon ?

– Si vous vous constituez prisonnier, dès que nous vous aurons remis à ses hommes, il nous dira où est le virus. Plus vite nous agirons, plus nous aurons de chance d’éviter la catastrophe.

 Je restais sans voix. Il avait fait tout ça par vengeance ? Parce que j’avais mis son organisation au tapis ? réflexion faite, ça lui ressemblait bien. Il en était capable. Il avait volé une ogive nucléaire américaine juste pour impressionner une fille russe, qu’il voulait mettre dans son lit. Je regardais le commandant, me demandant si ma maison était entourée de soldats, prêts à m’y amener de force.

 – Et qu’a décidé le gouvernement ?

– Ecoutez James, vous les connaissez. Il y a des millions de vies en jeu, si pas des milliards. Une vie donnée pour en sauver des millions, le calcul est vite fait pour eux. Mais ils aimeraient autant ne pas à devoir vous « forcer la main ». Ils aimeraient que vous compreniez, de vous-même, l’importance de…

– L’importance du sacrifice ? De mouton noir je deviens bouc émissaire ?

 Je me tus, écœuré et piqué au vif. Ils n’avaient pas changé. Tas d’hypocrites en col et cravate. Je me levais, furieux, et regardais par la fenêtre. J’avais envie de les envoyer promener, eux, et toute l’Europe avec ! Puis mon regard tomba sur les enfants du voisin, qui faisaient du vélo dans la rue. Deux petites filles adorables, de 6 et 4 ans. Avec tout un avenir devant elles. Puis je vis tous les enfants du pays, la bouche et le nez en sang, occupés à mourir à cause du virus. Je ne pouvais laisser M commette une telle barbarie.

 – Vous êtes toujours tous des salauds. Mais j’accepte. Je ne pourrai plus me regarder dans un miroir si des millions de personnes mourraient à cause de moi. J’espère juste que ce timbré tiendra parole…

Le Commandant paru soulagé. Il se leva vint vers moi, mit sa main sur mon épaule, faisant un regard de circonstance. Serait-ce lui qui ferait mon éloge funèbre ? En tout cas, qu’ils ne me parlent pas de médaille posthume, car je ferais inscrire sur ma pierre tombale où ils pourraient se la mettre, la médaille !

 Sans perdre de temps, le Commandant passa un coup de fil sur son GSM dernier cri. Puis nous nous rendirent vers la Berline, qui fila à vive allure vers le Centre-ville. Tandis que les bâtiments défilaient devant moi, ma mémoire me flashait des images de mon passé, des missions, de ces gens que j’avais tué ou vu mourir sous mes yeux…

 

Nous nous retrouvâmes dans le bâtiment gris et austère, un immeuble vieillot de bureaux comme tant d’autres, qui cachait le QG des services secrets. A l’intérieur ça bourdonnait comme dans une ruche, les agents courant à gauche, à droite, apportant des dossiers, des feuilles, tandis que d’autres téléphonaient, ou que d’autres encore derrière leur claviers et écrans de pc faisaient bouger des véhicules sur la carte 3D de la capitale au centre de la pièce, projetée par image holographique.

 Il y avait un brouhaha continu, une ambiance tendue. Et ainsi passaient les heures. Soudain, le bruit se tut. M appelait. Sa voix résonna dans la pièce via les haut-parleurs branchés sur le téléphone.

 – Oui, l’agent que vous demandez est ici.

– Bien… James, mon cher James, comme on se retrouve… nous devons terminer cette conversation commencée il y a 5 ans, tu te souviens, le jour où tu as fait exploser notre rêve !!!

 Il avait une voix grave, presqu’envoutante, avec un accent étranger indéfinissable. Parfois, sa voix pointait dans les aigus, quand il s’énervait, comme dans la fin de sa phrase. Je restais silencieux.

 – Comment pouvons-nous être sûr que vous tiendrez parole ? Que vous nous direz où sont les fioles une fois que nous vous auront donné l’agent ?

– Oh, mais c’est qu’il nous traiterait de menteur ! Ecoutez Commandant, nous tenons toujours notre parole ! Demandez à James… nous avions dit que nous reviendrions, et voilà, nous sommes là ! Ah, ah, ah !

 Son rire résonna comme une menace dans la pièce.

 – Nous allons vous envoyer l’endroit où vous déposerez l’agent. Dès qu’il sera aux mains de nos hommes nous vous dirons où sont cachées les fioles. N’essayez pas de nous jouer un tour, où la mort se répandra bien vite dans toutes vos villes !

 Un silence lourd suivit cette phrase… M avait raccroché.

 – Monsieur, nous recevons des coordonnées GPS !

– On y va !

 Alors que nous quittions le bâtiment vers les voitures, les regards pleins de sollicitude, de condescendance de ceux qui m’entouraient m’énervaient de plus en plus ! Vite, qu’on en finisse ! Dans la voiture, le Commandant me donna une chevalière. « Si vous pivotez le haut ainsi, une petite cache apparaît dans la bague. Elle contient une capsule de cyanure… si jamais il aurait l’idée de vous torturer, pour… partir plus vite… » Je pris la chevalière et la mis à mon doigt, c’était une aide non négligeable, compte tenu de ce qui risquait de m’arriver. Tomber entre les mains de mon pire ennemi.

 La voiture sortit de la ville, et nous roulâmes une bonne demi-heure avant d’arriver à l’endroit indiqué. Des agents en civil et des militaires quadrillaient déjà la zone. Qui était un lac. L’endroit indiqué par les coordonnées gps était sur le bord du lac, où une barque en bois était attachée à un vieux ponton. Le Commandant, moi, et deux hommes qui ne quittaient jamais le Commandant, approchèrent du ponton.

 – Drôle d’endroit… un lac… la seule façon d’en sortir est l’affluent du fleuve, qui se jette dans ce lac à plus ou moins 1 km vers le nord-est. Sinon par le ciel, avec un hélico ?

– En tout cas chef, le secteur est quadrillé. Tout le tour du lac, donc s’il vient il ne saura pas s’échapper. Un bateau sur le fleuve ou un hélico sont facilement repérables, donc on pourra appréhender M dès qu’il nous aura donné l’endroit où nous pourrons trouver ces fioles…

 

J’acquiesçais sans rien dire. Une nasse. Ce n’était pas le genre de M. Soudain une sonnerie se fit entendre… Un gsm sonnait. Les hommes se regardèrent, et je me rendis compte que le son venait de la vieille barque en bois. Je montai dans la barque, trouvai l’appareil, le pris et regardai le commandant, dubitatif. Il ne semblait pas y avoir de bombe. Et puis, mourir pour mourir… Mais rien n’explosa lorsque je décrochai, sinon le rire de M…

 – Ah ah ah, James, nous savions que tu serais pile au rendez-vous, monsieur le super-agent ! Bien, c’est très bien. Et nous imaginons que tes amis militaires sont là aussi, quadrillant le secteur comme de vrais pros… mon petit Jamie, nous pouvons t’appeler Jamie n’est-ce pas, nous allons nous offrir un peu d’intimité… Il y a des rames sur le côté de la barque, nous voulons que tu rames, seul, jusqu’au centre du lac… nous te rappellerons une fois que tu y seras arrivé…

 Le Commandant, qui s’était approché, avait tout entendu. Il fit « oui » de la tête. Il n’y avait pas d’autres choix, s’ils voulaient trouver les fioles. Et il ne restait qu’un peu plus de 7h avant qu’elle n’explose, propageant le virus mortel. Je regardai tout autour de nous. M savait que nous étions là et qu’il y avait des militaires partout. Mais où était-il, lui ?

 Je m’installai sur un des bancs de la barque et ramai jusqu’au centre du lac. Peut-être que M allait me tuer là ? Un missile, un obus ou un tir de mortier ? Je faisais une cible parfaite au milieu du lac ! Le GSM sonna à nouveau. Je remarquais que la sonnerie était un requiem, lugubre… Je décrochais, de plus en plus inquiet.

 – Mon petit Jamie nous constatons que tu n’as rien perdu de ta forme. Tu rames bien, et vite. Bien. Tu veux sauver tous ces gens, n’est-ce pas ?

– Tu vas vraiment tenir parole, M ?

– Oui, nous indiquerons à ton commandant de pacotille l’endroit où sont les fioles… dès que tu auras sauté dans le lac !

– P… Pardon ?

– Saute dans le lac, maintenant !

 La communication fut coupée… Je regardais vers la rive, mais ne pouvais du milieu du lac voire les visages du Commandant et des hommes qui devaient me scruter de là où ils étaient. Pourvu que M tienne parole… Je refermais le GSM d’un coup sec, le posais sur le banc de la barque, fis une courte prière… et sautais dans le lac…

 La première chose que je sentis en entrant dans l’eau fut le froid de l’eau, qui s’insinuait sous mes vêtements, et puis très rapidement sous mes sous-vêtements… Je ne voyais rien, tellement le lac était sombre… Comme je retenais ma respiration, je sentis mon corps remonter doucement vers la surface… lorsque tout à coup une poigne de fer se referma sur ma cheville, et m’attira vers le fond du lac ! « Putain, ils vont me noyer ! » Pas la mort que je rêvais, mais c’était mieux que la torture… soudain, je sentis qu’on mettait quelque chose contre mes lèvres… un détendeur ! Je le pris en bouche, et de l’air passa dans mes poumons Il y avait deux plongeurs sous l’eau, avec des bouteilles de plongée. Ils étaient accrochés à une sorte de troisième bombonne. Une bombonne pour moi ? Je remarquais alors l’hélice, au bout de la bombonne. C’était une sorte de rotors pour tracter rapidement les plongeurs…

 Et en effet, les deux plongeurs me tinrent fermement, pas possible de m’échapper, et s’accrochèrent au rotors, l’hélice commença à tourner, puis tourna très vite, et nous filament rapidement droit devant nous… Je remarquais que le plongeur près de moi avait une boussole à son poignet, qu’il utilisait pour se diriger tellement le lac était sombre. Je zyeutais la boussole et vis que nous nous dirigions vers le nord-est… l’embouchure de l’affluent du fleuve… je sentis un peu de courant, et l’eau se rafraîchit encore… nous devions être dans l’affluant… puis l’appareil ralentit. Nous atteignîmes une petite structure métallique… un petit sous-marin… plutôt un bathyscaphe. Un des plongeurs m’indiqua l’endroit où entrer dans le bathyscaphe pendant que l’autre accrochait le rotor sur le côté du petit sous-marin. C’était l’occasion unique pour m’enfuir ! Je tentais de leur fausser compagnie, nageant comme je le pouvais avec mes chaussures et mon costume… qui n’aidaient pas à nager efficacement. Je sentis soudain une douleur, comme une piquer à l’épaule. Ils m’avaient tiré dessus, et une fléchette était enfoncée dans mon épaule. Rapidement tout mon corps s’ankylosa, tandis qu’il me semblait de plus en plus lourd, et que je sombrais dans l’inconscience, coulant dans les profondeurs noires…

Sur le bord du lac, le Commandant et ses hommes observaient la barque avec des jumelles.

 – Il a atteint le milieu du lac, Commandant.

– Il se lève !

– Il reçoit un autre appel !

– Vite, interceptez l’appel !

Le soldat donna un ordre dans un talkie-walkie, mais un autre pointa la barque du doigt.

 – Commandant, regardez !

 Et ils virent l’agent regardez vers eux, déposer le GSM, puis sauter à l’eau…

 – Mais qu’est-ce qu’il fout ?

– Ce sont sans doute les ordres de M ! Bon sang, on n’a pas pensé à des plongeurs ! Il faut un hélicoptère pour pouvoir scanner le lac et le fleuve !

– Mais il faudra des heures pour le faire venir de…

– Commandant, un appel pour vous ! C’est M !

 

Le Commandant pesta, puis prit l’appel.

 – Commandant, nous sommes satisfaits que vous ayez suivi nos indications. L’agent James est maintenant entre nos mains, vous ne le verrez plus jamais, jamais !

 Le Commandant prit sur lui.

 – Mais vous auriez dû penser aux plongeurs, un rendez-vous sur un lac, c’était évident ! Pas étonnant que James ait été le seul homme capable de nous arrêter… mais maintenant, c’est une carte que vous n’avez plus ! Plus rien ne m’arrêtera ! Mais comme je vous l’ai dit, je tiens toujours parole. Je vais vous indiquer où vous trouverez les fioles ! Mais ne tentez rien pour retrouver James, il est en mon pouvoir maintenant ! Ne rendez pas les choses plus difficiles… pour lui !

 

Il raccrocha avant que le Commandant ait pu dire quoi que ce soit.

 – Commandant, nous recevons de nouvelles coordonnées géographiques !

– Envoyez-y l’équipe Alpha, et qu’ils me préviennent s’ils ont trouvé les fioles. Il reste un peu plus de 6h. Et faites venir l’hélicoptère avec le scanner. Nous devons essayer de retrouver James !

Peu à peu je revenais à moi. J’ouvris les yeux, mais tout tournait autour de moi… je les refermais. Puis les ouvris plus lentement. J’avais un de ces mal de tête ! Je vis que j’étais sur un quai en béton. J’étais encore mouillé de la plongée, mais n’avait plus mes vêtements, j’étais juste en slip. Même la fameuse chevalière n’était plus à mon doigt. Devant moi le bathyscaphe, amarré au quai. Derrière lui un sous-marin, bien plus grand. De mes souvenirs militaires ça devait être un sous-marin de classe Delta II. Il y avait pas mal d’hommes qui allaient et venaient. Tous étaient habillé de la même façon : un vêtement fait d’une seule pièce, style bodysuit, noir, qui couvrait tout le corps, même la tête, le vêtement se finissant par une sorte de cagoule. Ils portaient aux pieds des combat boots noire. Et devant le visage un masque, un peu comme ces masques de démons japonais, blanc, avec les yeux rouges, les dents visibles avec deux canines sortant de la bouche. C’était l’uniforme des hommes de M. Il n’avait pas changé cela. Certains portaient des fusil-mitrailleur, d’autres déchargeaient le grand sous-marin, d’autres transportaient des caisses. Il installait sa nouvelle base. Je regardais autour de moi, c’était une sorte d’hangar, ou d’entrepôt, qui devait donner sur le fleuve, le seul moyen de faire venir l’eau, et les sous-marins, ici.

 

Soudain je reçus un coup derrière la tête, qui me fit rouler sur le sol. Un « masque-blanc » me regardait, et de son arme m’indiquait une direction à suivre. Une rampe de béton montait vers une plateforme. Là, une double porte en acier fermait l’accès à la nouvelle base de M. Lorsque nous arrivâmes sur la plateforme, le garde s’approcha de la porte. Il se mit à un endroit bien précis, et appuya son visage contre une partie du mur. Scan rétinien. Super. Seuls ceux qui étaient dans la base de données pouvaient ouvrir ou fermer la porte. La porte s’ouvrit. Nous passâmes dans une Après quelques embranchements nous arrivâmes à une porte plus grande que les autres, au fonds d’un couloir qui se terminait en cul-de-sac. Le centre névralgique de la base, surement. Le repaire de M. Là, pas de scan rétinien. La porte ne semblait s’ouvrir que de l’intérieur. Le garde attendit quelque seconde, puis la porte s’ouvrit, et nous entrâmes.

 Le centre névralgique de la base était à la hauteur de son propriétaire. La pièce était ronde, avec des écrans sur tous les murs. Sur ces écrans, il y avait des données, des films de vidéos surveillances, les informations télévisées de plusieurs pays, et certains servaient à M pour communiquer, sans doute partout dans le monde par vidéo-conférence. Quatre femmes, également habillée de bodysuit, mais en latex ou spandex, et plus serrantes que celles de gardes, ce qui mettait en valeurs leurs formes généreuses, tapotaient des données sur des claviers, organisaient des rendez-vous, chargeaient les prochains programmes que M voulait voir. Lui trônait sur une sorte de trône, moitié gothique, moitié futuriste, trône qui était sur une plateforme qui pouvait bouger, partout dans la pièce. Le garde m’escorta jusqu’au centre de la pièce, puis partit. La plateforme tourna le trône vers moi, puis s’arrêta de bouger et M me toisa un moment. Il portait aussi une combinaison noire, mais sans cagoule. Elle lui collait assez au corps, mettant en valeur sa cage thoracique puissante, et le paquet qu’il avait à l’entrejambe… tout pour se faire remarquer ! Comme cette façon de parler de lui à la première personne du pluriel, où comme son look. Son crâne était entièrement chauve, il avait une moustache noire à la Dali et un bouc pointu sous son menton, à la Méphistophélès. Un monocle ornait son œil droit. Il était assis bien plus haut que moi, et je devais lever la tête pour le regarder.

 

– Jamie, que nous sommes contents de te voir ! Enfin ! Après toutes ces années !

– Mon nom, c’est James. James Bord.

– Oui, Jamie, oui. Il paraît que tu es retiré des affaires ? Tu as raison, les services secrets, ça ne vaut pas grand-chose. Enfin, ta petite entreprise de surveillance, c’est pas le top non plus. Heureusement que tout ça c’est fini maintenant !

– Tu es le plus fou des timbrés que j’ai rencontrés ! Mettre la vie de toutes ces personnes en danger avec un virus mortel, rien que pour une petite vengeance, et contre un « retraité » en plus !

 Le rire de M résonna dans la pièce, qui montait assez haut, un peu comme une cathédrale.

 – Ah, ah, ah, Jamie… tes collègues… oups, pardon, anciens collègues, vont avoir une de ces surprises en arrivant à notre bombe… ah, ah, ah…

 

Mon sang se glaça en entendant sa phrase.

 – Tu… tu ne vas pas la faire exploser ???

– Ah, ah, ah, ah… exploser… mais non ! La bombe qu’ils vont trouver n’est même pas armée !

 Je restais pétrifié.

 – Enfin Jamie… pourquoi tuerions-nous tous ces gens ? Tous ces potentiels clients ? Tous ces ados qui vont acheter notre drogue, leurs parents qui vont acheter nos armes pour s’entretuer… tous ces hommes d’affaires qui vont spéculer sur nos fonds… tous ces hommes politiques que nous faisons chanter… non, non, une telle catastrophe ce serait vraiment trop mauvais pour notre business plan ! Ah, ah, ah, ah…

– C’était du bluff ?

– Complètement ! Il suffit de voler quelques fioles de vilains virus, et nous étions certain qu’ils te livreraient à nous. Par contre, chapeau, tu n’as pas changé. Ils n’ont même pas dû te forcer, tu as accepté. Le valeureux agent secret qui donne sa vie pour sauver le monde. Héroïque. Vraiment. Epique même !

 

Il s’était joué de nous, complètement.

 – Dis-nous, comment va Kate ? Aussi un agent terrible. Et en plus tellement sexy… ooops mais c’est vrai, elle n’est plus là…

 La tension nerveuse et la rage s’accumulait en moi. Il appuyait là où ça faisait mal.

 

– Oui… vraiment dommage qu’elle meurt ainsi… en plus il paraît qu’elle venait juste d’apprendre qu’elle était enceinte de toi… tsss… quand nous avons appris cela nous avons presque faillit renoncer… oui, c’est nous qui l’avons « donnée » au gouvernement du pays où elle opérait, en sachant bien ce qui allait lui arriver. Et donc pendant, mmmmm, un millième de seconde, nous avons hésité…

– AAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

 La rage me prenant je voulus me jeter sur lui, mais dès que je touchais le bord de la plateforme, une décharge électrique puissante m’atteignit, je reculais, tombant au sol, mon corps perclus de douleurs. Dans mon slip blanc, qui collait à ma peau à cause de l’eau, me convulsant sur le sol, les larmes aux yeux, j’étais pitoyable.

 

– Dis-nous, Jamie, ça fait quoi de perdre celle qu’on aime ? Cela fait mal, hein ? Nous avons perdu notre compagne et notre fille dans la base que tu as fait exploser ! Alors non ce n’est pas une petite vengeance. C’est la vengeance de notre vie !

 Je tentais de me lever, mes muscles ne répondaient pas encore tout à fait bien.

 – Alors tue-moi M, et qu’on en finisse une fois pour toute.

 Je faillis dire que je n’en pouvais plus, des souvenirs amers et sanglants me remontaient en tête. Un cycle de violence sans fin, cycle auquel j’avais participé. En fait ce serait un soulagement que tout cela finisse, enfin. Mais je gardais cela pour moi.

 

– Te tuer ? Jamie, non… mon plaisir serait grand, certes, de faire cela, mais ce serait court. Si court. Nous n’allons pas te tuer. Nous allons t’humilier. T’asservir. Nous voulons que tu te sentes sombrer dans ces abysses d’où tu ne reviendras jamais ! Ah, ah, ah, ah, ah, …

 Son rire sinistre se répercuta dans toute la pièce. Mais je ne l’entendis pas longtemps, car en finissant sa phrase, il avait appuyé sur un bouton, sur un panneau de commande qui se trouvait dans l’accoudoir de son trône. Et le sol s’ouvrit, sous moi. Tandis que son rire se répercutait dans la pièce je sombrais dans un trou noir, puis je sentis une sorte de toboggan, et je dévalais à pleine vitesse une grande distance, avant de choir durement sur le sol. Il faisait noir, je n’y voyais rien. Epuisé, ma tête tomba en arrière et je perdis connaissance.

 

– Comment ça, « pas armée » ???

– Oui, mon Commandant. L’unité Alpha a trouvé les fioles à l’endroit indiqué, et la bombe. Mais les fioles étaient bien protégées, et la bombe pas armée. Aucun risque que le virus ne se propage.

– Nom de… il bluffait. Le salaud ! Et l’hélicoptère ?

– Négatif Commandant. Il a scanné le lac, l’affluent et une partie du fleuve. Mais rien. Aucune trace de plongeurs, ni de rien d’autres, mis à part une ou deux carcasses de voiture.

– Et nos hommes sur le terrain ?

– Ils ont fouillé tous les endroits suspects dans un rayon de 10 km, mais rien non plus. Désolé Commandant, mais aucune trace de l’agent James Bord. Il a bel et bien disparu, et les experts ont conseillé au Ministre d’arrêter les recherches… ils pensent qu’il est mort à cette heure…

 

J’ouvris lentement les yeux. Où étais-je ? Je fis un effort de concentration, et soudain tout me revint en tête : le virus, M, les plongeurs, la base, le trou… Pendant combien de temps avais-je été dans le cirage ? impossible à dire. Je regardais autour de moi… éclairage artificiel tamisé. Impossible de savoir si on était le jour où la nuit. En regardant où j’étais, je vis tout de suite que des choses clochaient… c’était l’endroit le plus improbable pour être retenu prisonnier ! J’étais sur le sol de béton, et face à moi… un lit rose ! Je me levais. Pas de doute, il y avait un confortable lit, de deux personnes, dont la tête de lit et le pied de lit étaient en contreplaqué rose soutenu. Il y avait deux beaux oreillers roses clairs, et des draps du même rose que les oreillers, avec des petits cœurs mauves imprimés dessus. De chaque côté du lit, deux tables de nuits, du même contreplaqué rose soutenu que le lit. Et à côté, une garde-robe, du même contreplaqué rose. C’était dingue ! Moi qui avait horreur de cette couleur !

 

Comme j’étais toujours en slip, je m’approchais de la garde-robe, et l’ouvrit. Il y avait des vêtements pendus à une tringle, des chaussures dans le bas, et des tiroirs remplis de sous-vêtements sur le côté gauche… mais tous des vêtements de fille… et de bimbo, à voire la longueur des jupes et robe, l’échancré des tops, et les sous-vêtements, tous coquins. Pas question que je mette quoi que ce soit de cette garde-robe.

 

La pièce était tout en longueur, et sur le côté gauche et au-dessus de moi, c’était de la roche brute. Tout le long, sur le côté droit, une grille, comme si j’étais dans une cage, une cage bloquée sous un rocher, ou dans une grotte. Et la grille était tellement bien faites que je ne savais pas y passer une main, ni un bras. Je revins à ma « prison ». Dans le fonds de la pièce, par rapport au lit, il y avait une coiffeuse et une chaise, rose eux aussi. Un grand miroir, quelques produits de maquillages et sur la table de la coiffeuse un petit carnet rose avec des cœurs mauves, et un bic rose « Hello Kitty ». Enfin, derrière un arrondi de roche, il y avait une mini salle-de bain, avec un WC rose, une cabine douche, rose elle aussi, et des tas de produits de beauté.

 

Je me massais l’arrière de la tête, confus. C’était une prison pour bimbo ou quoi ? M attendait-il quelqu’un d’autre ? Pensait-il emprisonner une starlette ?

 

Soudain j’entendis du bruit, dans le fonds de la grotte, de l’autre côté des grilles. Je ne voyais pas le fonds de la grotte, plongé dans l’obscurité, mais j’étais certain d’avoir entendu… oui, deux gardes s’approchaient. Leurs combinaisons noires, leurs masques blancs se détachaient de plus en plus distinctement des ténèbres, ils venaient par ici. Bien sûr, si M voulait me garder en vie, il devait me nourrir… c’était un espoir d’évasion, ça. Car je n’allais pas rester passif en attendant qu’on vienne me secourir, il fallait que j’agisse. Il suffisait de s’occuper des gardes qui entreraient dans ma prison. Ils n’étaient que deux, j’avais connu bien pire. Et si l’un restait en dehors de la « cage », même en me visant avec son arme, il suffisait de se servir du corps du premier comme bouclier humain, et voilà !

 

Les deux hommes s’approchaient. Ils ne disaient un mot.

 – Bonjour messieurs, c’est le service d’étage ? Dites, on aime le rose par ici, non ?

 Mais ils m’ignorèrent complètement. Et à mon grand désappointement, ils n’entrèrent même pas dans la cage. Un des gardes s’agenouilla devant les grilles, et ouvrit une sorte de petite trappe dans le bas de la cage. Il y déposa le plat, en fait c’était une gamelle, comme celle qu’on donnait pour nourrir les chiens, puis referma la trappe. Je m’approchais, tandis qu’ils s’éloignaient. La « trappe » était juste assez grande pour que la gamelle passe. Impossible de sortir par là donc. D’autant plus que l’endroit où était posé la gamelle était aussi une petite cage, soudée aux grilles. Il y avait sur le dessus une ouverture, sans doute pour prendre la gamelle ? Mais l’ouverture me semblait assez petite…

 

– D’accord, même pas de couverts !

 Criais-je vers les gardes. Je passais une main dans l’ouverture, pour prendre la gamelle, mais ressentis aussitôt une vive douleur au poignet, que je retirais bien vite. Les parois de la petite cage étaient électrifiées ! Rageur, je criais vers les ténèbres qui venaient de happer les deux gardes.

– Aïe ! Impossible de manger, il veut m’affamer, c’est ça ?

– Mange juste avec ta bouche, comme le chien que tu es. Il n’y aura pas de courant. Sinon, jeûne !

 La voix venait des ténèbres, un des deux gardes sans doute. Je regardais la gamelle. Une gamelle argentée, comme pour les clébards. Avec une sorte de ragoût dedans. Qui sentait vachement bon, il fallait l’avouer. Et je n’avais rien manger depuis des heures, ce que me rappelait mon estomac. Je réessayais d’attraper la gamelle avec une main, sans toucher les grilles… Aïïïe ! Impossible ! C’est vrai qu’en me mettant à quatre pattes, mon visage contre la grille, je pouvais happer quelques morceaux de viandes… mais non, je n’allais pas laper ou manger à quatre pattes comme un chien ! J’essayais encore une fois d’attraper ma nourriture avec la main, et je réussis cette fois à attraper un morceau de viande, mais je le relâchais immédiatement, à cause de la douleur d’une nouvelle décharge… impossible d’attraper la nourriture avec mes mains !

 

Frustré, je me couchais sur le lit, léchant mes doigts ou un peu de sauce restait. Vraiment, c’était bon. J’avais faim ! Mais je ne mangerai pas à quatre pattes !

 Les minutes, ou les heures, passaient, longues et monotones… Je n’avais rien à faire, je n’avais aucune idée ni notion du temps qui passait… étais-je là depuis des heures ? Combien ? J’avais examiné le moindre millimètre carré de la grille, mais aucune faiblesse, aucun moyen de la plier, ou autre, pour m’enfuir. J’avais examiné l’endroit sous toute ses coutures, le lit, les tables de nuit, la garde-robe, la salle de bain… mais aucun moyen de m’échapper, ni rien qui puisse me servir d’arme… En plus la faim se faisait de plus en plus sentir. Et la soif aussi. J’aurais bien été tenté de boire l’eau à la salle de bain, mais il y avait une petite plaque près des robinets. « Eau non potable – Vous la buvez à vos risques et périls » Bluff ou pas ? Avec M il fallait s’attendre à tout. Et ce n’était pas le moment d’avoir la chiasse ! Je tournais en rond, encore et encore. Si ce n’est pas la faim, c’est certainement l’ennui qui me tuerait 

Un bruit vint briser la morosité de mon ennui. Les deux gardes revinrent. Avec une autre gamelle. Ils s’approchèrent, toujours en silence. Un des deux gardes s’approcha et s’abaissa vers la trappe. Il retira la gamelle que je n’avais pas touchée et la remplaça par une autre, remplie d’eau.

 – Pas eu faim ?

 Il avait un ton moqueur. Puis ils s’éloignèrent. Je les regardais d’un œil mauvais. Je tournais encore et encore dans cette foutue cage ! J’avais si soif. Je regardais vers le fonds de la grotte, vers les ténèbres. Pas de gardes en vue. Je m’approchais de la petite cage où se trouvait la gamelle d’eau. Je passais ma main… décharge ! Je réessayais… décharge ! Merde ! J’avais si soif, cette eau semblait si pure… j’hésitais encore, puis me mis à quatre pattes… mon visage s’approchait doucement de l’ouverture. C’est vrai qu’il avait une forme pour qu’on y mette son visage… je mis le menton d’abord, fermant les yeux, muscles tendus, m’attendant à recevoir une décharge… mais rien… juste le froid du métal contre ma peau. Je mis tout à fait mon visage contre l’ouverture, et j’entendis un petit déclic, et tout le haut de la grille s’abaissa, ne donnant plus de résistance… je pus approcher mon visage de la gamelle et laper l’eau… tudieu, ça faisait du bien ! De l’eau fraîche ! Je retirais mon visage de l’ouverture, le haut de la cage remonta et retrouva sa dureté… impossible de le pousser à nouveau vers la gamelle… et quand je voulus essayer avec les mains… décharge ! Par contre je remis mon visage contre ce haut de grille, dans l’ouverture, et de nouveau le déclic, et le haut qui s’abaisse vers la gamelle… un système vraiment ingénieux… je lapais encore un peu d’eau, puis me relevais, frottant mon menton, mouillé de l’eau qui en dégoulinait. N’ayant rien d’autre à faire, je m’allongeais sur le lit, essayant de dormir. Mais je n’arrivais pas vraiment à m’endormir, à atteindre le sommeil réparateur, j’avais trop faim pour cela. Je somnolais sur le lit, dans une sorte de demi-conscience, et les heures passaient.

 

Soudain, un bruit m’alerta. De nouveaux les deux gardes. Ils apportaient une nouvelle gamelle de nourriture. Ils la placèrent à la place de la gamelle d’eau, puis s’en allèrent. J’attendis sur le lit, encore somnolent, quelques minutes, pour être sûr qu’ils soient partis. Bon sang, je sentais l’odeur de la nourriture jusqu’ici… Je me levais et allais jusqu’à la petite cage. J’essayais encore une fois avec les mains, mais… décharge ! Je soupirais, puis, à quatre pattes, plaçais mon visage contre le haut de la grille. J’entendis le déclic, et pu abaisser par le poids de mon visage le haut de la grille vers la gamelle. Je pus ainsi attraper les morceaux de viande avec ma bouche. Et c’était vraiment délicieux. La viande était cuite à point, la sauce goûteuse. Et j’avais tellement faim. J’avais de la sauce qui dégoulinait sur mon menton, mais je me régalais trop pour m’en soucier. Je finis quasiment toute la gamelle, puis me levais, et allais passer de l’eau sur mon visage maculé de sauce. Puis je retournais sur le lit, repus. Je somnolais encore un peu. A un moment, les gardes revinrent, prirent la gamelle presque vide et remirent une gamelle d’eau. J’attendis qu’ils soient partis pour aller en boire, à quatre pattes et le visage contre cette foutue grille.

 

Je revins sur le lit et m’endormis, d’un sommeil profond et réparateur.

 Je fus réveillé par un tintamarre, des trompettes ou je ne sais quoi qui faisaient un bruit terrible. Je me réveillais en sursaut ! Je constatais qu’une partie du haut de la grotte était en fait un écran géant ! Je n’avais pas pu le voir avant, il faisait trop sombre, mais là l’écran était allumé, et le visage de M y apparaissait en grand…

 – Alors Jamie, bien dormis ? Tu aimes ta nouvelle chambre ?

 Son rire raisonna dans toute la grotte.

 

– Nous avons une mauvaise nouvelle pour toi… tu es mort !

 Il rit encore, et son visage disparut, laissant la place aux informations, sur la chaîne nationale. Le journaliste qui présentait le journal télévisé parlait d’un air grave. « Conférence de presse suite à l’affaire du laboratoire TechGen. Le Commandant des forces spéciales et le chef des services secrets ont organisés une conférence de presse, dans les locaux du ministère de la défense ! » Des images des bâtiments de TechGen passaient à l’écran, le complexe était assez étendu, donnant sur le fleuve, puis vinrent des images de la conférence de presse tandis que le journaliste continuait de parler. « Ils annoncent enfin la vérité sur le souci de sécurité arrivé dans les laboratoires TechGen, il y a quelques jours : un groupe terroriste a essayé de voler de dangereuses souches virales dans un but d’attentat, mais heureusement, grâce à l’intervention d’un de nos meilleurs agents, le Capitaine James Bord, le pire a été évité. Le commando terroriste a été annihilé, et les souches virales protégées. Hélas, l’Etat-major nous confirme que le Capitaine James Bord a été mortellement touché lors de l’intervention. Il a donné sa vie pour sauver celle de millions de personnes. L’information a été tenue secrète le temps d’essayer de sauver le Capitaine, et de démanteler la cellule terroriste. Si cette dernière opération a été un plein succès, le Capitaine James Bord est décédé suite à ses blessures. Le Commandant Harrisson demande à ce qui lui soit donné la médaille du mérite à titre posthume, et un jour de deuil national sera décrété, au vu de la catastrophe évitée grâce à lui… »

 

Bon sang, ils me croyaient mort ! Les secours n’arriveront jamais, ils ne me cherchent même plus ! Un état de profond abattement s’empara de moi. Pas d’évasion possible et plus de secours à espérer !

 

Le rire de M raisonna à nouveau dans la grotte, tandis que son visage revenait à l’écran…

 – Ah, ah, ah, de la poudre aux yeux, des mensonges. Ils ne savent faire que ça. Ils n’ont même pas réussi à localiser ma base, pourtant sous leur nez… ah, ah, ah, bande d’incapables ! Nous avons entendu le Commandant faire tes états de services, avec des trémolos dans la voix, il t’aimait bien… ha ha ha… ils te croient mort, et pendant ce temps, toi, tu faisais quoi ?

 De nouvelles images apparurent à l’écran. Je me voyais, en calebar, à quatre pattes, manger comme un animal dans la gamelle d’un chien… tout était filmé… je me sentais humilié, honteux… Le rire de M résonna dans la pièce.

 – Quel beau spectacle tu fais !

De nouvelles images passaient, je voyais le réfectoire des gardes de M, où étaient passé ces images de moi, et les hommes de M qui se foutaient de moi… le rire de M raisonna encore, jusqu’à ce que l’écran s’éteignît. Je mis ma tête dans les oreillers si confortables, et pour la première fois de ma vie, je pleurais, honteux, désespéré et abandonné…

Un peu plus tard, les deux gardes réapparurent, et déposèrent une nouvelle gamelle de nourriture. Je me jurais de ne pas y toucher. De ne pas donner encore une fois ce spectacle à M et à ses hommes. Mais l’odeur de la nourriture vint jusqu’à moi. Cela sentait si bon. Ma bouche commença à saliver. Le salaud, il avait dû faire ajouter des exhausteurs de goût à la nourriture. Je luttais contre l’envie de manger, mais plus je luttais, plus mon ventre palpitait, plus ma bouche salivait… et vaincu par une sorte de syndrome de manque je me levais, m’agenouillais devant la gamelle, et mettant mon visage contre la grille, je mangeais le ragoût, à nouveau très gouteux. Trop pour être naturel.

 Rassasié, les syndromes de manque disparus, je me rejetais sur le lit, avec un sentiment d’abattement et d’humiliation renouvelés. Je restais ainsi, prostré, lorsque je commençais à avoir chaud. Très chaud. Mon sexe commença à bander, à se tendre dans mon caleçon. Je me sentis très très excité en une fois. Humilié et excité ? Il avait fait mettre un aphrodisiaque dans la nourriture ? Mais pourquoi ?

Mon sexe me semblait brûlant, tendu comme jamais… et soudain, l’écran géant se ralluma. Des images de filles superbes en sous-vêtements coquins défilèrent… M me passait du porno ??? Une fille blonde avec de gros seins et un bikini blanc marchait d’une démarche chaloupée sur le bord d’une piscine… ses seins, puis ses fesses bougent doucement au gré de sa marche… elle arrive près d’un pommeau de douche, s’asperge d’eau… se caresse les seins de plus en plus lascivement… ses tétons durcissent et apparaissent sur le blanc du bikini… mon sexe bat comme un fou dans mon caleçon… puis une jolie latino apparait à l’écran, elle a un cul divin, et un string noir qui le met en valeur… elle porte aussi des bas résille avec des jarretelles noires… Elle dance lascivement à l’écran, ses fesses allant de droite à gauche, puis elle écarte ses fesses, joue avec la ficelle du string… de temps en temps l’écran flash blanc, j’ai l’impression qu’il y a des mots, des phrases, mais je n’arrive pas à les lire… Puis une jeune fille avec un mini short en jeans, très moulant apparait à l’écran… focus sur ses superbes fesses… elle descend lentement son short… ses fesses apparaissent, avec un petit g-string rose… des fesses roses, rondes, si jolies, qu’elle se caresse lascivement… mon sexe battit comme un fou et explosa, mon sperme se répandant dans mon slip, alors que je ne m’étais même pas touché… mais l’orgasme avait été fort, surprenant… était-ce un effet de l’aphrodisiaque ? L’écran s’éteignit, je me retrouvais pantelant sur le lit, dans les ténèbres…

 La suite est ICI                  

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2 Commentaires

  1. Très très bonne histoire comme d’habitude j’attends la suite avec impatience.

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  2. Ravi de cette nouvelle histoire. Vivement la suite.

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